Normandie-Niemen
Faute de moyens, le Musée est fermé aux Andelys depuis décembre 2010 mais un espace Normandie-Niemen sera ouvert au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget au printemps 2014. vous pourrez y retrouver les collections dans un bâtiment spécialement rénové et aménagé.

L'association du Mémorial continue d'exister, nous continuons d'entretenir la mémoire de tous ces hommes qui ont fait l'histoire du N.N comme nous l'avons toujours fait. Nous ne nous démobilisons pas et vous pouvez vous aussi nous rejoindre.

nouvelle adresse:
Mémorial Normandie-Niemen
Musée de l'Air et de l'Espace
Aéroport de Paris-Le Bourget
B.P. 173
93352 LE BOURGET cédex

Le Mémorial étant autorisé à recevoir dons et legs, il vous sera adressé un reçu fiscal.
Ainsi 60 % de votre don sera déductible de vos impôts. Merci de votre générosité.

Nous remercions tous ceux qui ce sont mobilisés pour sauver le musée aux Andelys.



 
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 Pierre Gouverneur

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marc_91

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MessageSujet: Pierre Gouverneur   Dim 9 Aoû 2009 - 15:33

Un article du journal l'Alsace, qui a été cité sur le forum www.39-45.org :

Citation :

Histoire :
l'épopée d'un sans-grade de la France Libre du général De Gaulle.


Pierre Gouverneur devant un baraquement en 1942,


Son "Passeport de Service", pour aller de Rayack en URSS,

Sa veuve, le montrant avec son petit doigt sur cette photo du Groupe "Normandie".

La dissolution de l’escadron Normandie-Niemen, à la BA 132 de Colmar-Meyenheim (nos éditions du 4 juillet), a ravivé les souvenirs de Mme Monique Gouverneur, qui habite à Pfastatt. Son mari, Pierre, était l’un des quarante mécaniciens des débuts du groupe de chasse Normandie. Décédé en 1977, il était ce qu’on appelle un sans-grade de la France Libre. Il s’était engagé en tant que 2 e classe auprès du général De Gaulle, en février 1941 à Londres. Il a été démobilisé cinq ans plus tard avec les épaulettes de caporal-chef. Ses années de guerre l’ont mené en Espagne, en Angleterre, en Afrique, au Moyen-Orient et en Russie.

Quand la France est envahie par les troupes allemandes, en mai et en juin 1940, Pierre Gouverneur a 19 ans. Il habite à Tinqueux, près de Reims. Il est ajusteur et travaille dans l’entreprise de travaux publics de son père. La famille tout entière refuse la défaite. Vétéran de la Première Guerre mondiale, évadé en 1917 d’un camp de prisonniers en Allemagne et revenu en France par la Suisse après un périple de 400 km en territoire ennemi, M. Gouverneur père ferme son entreprise pour ne pas aider à la construction du Mur de l’Atlantique. Le fils aîné entrera dans la Résistance. Quant à Pierre, il décide de rejoindre le général De Gaulle à Londres. Ce qui est n’est pas une mince affaire.

Interné en Espagne

Ses tribulations commencent le 8 novembre 1940. « Je suis parti de Châtellerault vers 8 h du matin », écrit Pierre Gouverneur dans son journal, « avec la ferme résolution de gagner l’Angleterre en compagnie d’un camarade de Reims, André Ribeiro, âgé de 17 ans et demi. »
Pourquoi Châtellerault ? Parce que la ville se trouve à quelques km de la zone non occupée par les Allemands. La première frontière à traverser, à l’époque, est franco-française !
Les deux jeunes patriotes franchissent sans peine ce premier obstacle. Ils réussissent également à pénétrer, deux jours plus tard, en Espagne, à Port-Bou. C’est là que les choses se gâtent. Un garde-civil interpelle le 12 novembre les deux « touristes » qui sont immédiatement internés. L’Espagne est officiellement neutre, mais son chef, Franco, est proche de l’idéologie hitlérienne : les Français qui tentent de rejoindre l’Angleterre pour poursuivre la guerre sont mal vus. Beaucoup d’entre eux se retrouvent dans le camp de concentration de Miranda, où ils sont censés rester jusqu’à la fin des hostilités. Pierre Gouverneur et André Ribeiro font partie du nombre. Ils côtoient, dans de très dures conditions de vie (lire par ailleurs), des opposants espagnols, ainsi que des Polonais et des Anglais qui, comme eux, cherchent à rejoindre l’enclave britannique de Gibraltar.
Pour éviter d’être livrés au gouvernement de Vichy, qui collabore avec l’occupant allemand, Pierre et André se font passer auprès des Espagnols pour des… citoyens anglais. Contre toute attente, ça marche ! Après trois mois dans les geôles espagnoles, ils sont échangés contre des marchandises anglaises, en compagnie de plusieurs authentiques citoyens britanniques, et arrivent à Gibraltar le 7 février 1941.
Il leur faut encore rejoindre l’Angleterre, ce qu’ils font à bord du cargo polonais Sobieski. Le 27 février, Pierre Gouverneur peut signer son engagement dans les forces aériennes françaises libres. Le 12 janvier 1942, il quitte l’Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres du Moyen-Orient.

De Londres à Beyrouth en passant par le cap de Bonne-Espérance

À l’époque, il ne suffit pas de prendre un billet d’avion ! Le voyage se fait en bateau, dans des mers infestées de sous-marins ennemis, et avec force détours pour éviter les pièges. Pas question de passer par la Méditerranée alors que la guerre fait rage en Afrique du Nord. À bord du cargo Laconia, Pierre Gouverneur longe toute la côte africaine jusqu’au Cap, avec une escale à Freetown, au Liberia, avant de remonter vers l’entrée sud du canal de Suez, qui n’est atteinte que le 9 mars 1942 ! Le 13 mars, il est à Beyrouth, au Liban, et le 18, il arrive enfin à destination, sur la base aérienne de Rayack, près de Baalbek en Syrie.

La bataille d’Orel

C’est là qu’il est affecté comme mécanicien et c’est là qu’il se porte volontaire, à l’été, pour l’escadrille française qui doit combattre sur le front russe. Le 12 novembre 1942, deux ans, jour pour jour après sa capture par les Espagnols, Pierre Gouverneur arrive à Bagdad. Le 19, il est à Téhéran.
Le 1 er janvier 1943, il part pour Moscou. Le redoutable hiver russe succède sans intermède à la douceur du climat iranien. « Il n’avait pas du tout l’esprit ancien combattant et ne parlait que très rarement de la guerre », souligne son épouse Monique, qui a fait sa connaissance au lendemain du conflit, « mais il aimait raconter qu’il n’est jamais tombé malade en Russie. Pas même un rhume ! Pourtant il faisait tellement froid, en hiver, que les outils collaient à la peau des mains. »
Comme les pilotes de l’escadrille Normandie – qui deviendra en combattant le régiment Normandie-Niemen – les mécaniciens français étaient équipés « à la russe », avec des bottes en feutre et des chapkas en fourrure. Tous les camarades de Pierre Gouverneur n’ont cependant pas aussi bien supporté le climat et les restrictions en vigueur sur le front de l’est, où l’on manquait de tout. Les 40 mécaniciens français ont été rapatriés au Moyen-Orient en août 1943, pour être remplacés par des spécialistes russes.
Pierre Gouverneur sera resté huit mois en Russie, dont plus de trois sur le front, où il a participé à la bataille de Koursk-Orel (14-17 juillet 1943), l’un des hauts faits de l’escadrille. Les missions, lors de cette grande bataille, se succédaient de l’aube jusqu’au coucher du soleil, mobilisant pilotes et mécaniciens pour un ballet ininterrompu et des journées harassantes. Le groupe de chasse Normandie a enregistré, lors de ces combats, 18 victoires, déplorant la perte de sept pilotes, parmi lesquels le commandant de l’escadrille, Jean Tulasne, et le Vosgien Pierre Littolf, son adjoint.

Médaille de la Victoire

Ayant vendu son appareil photographique alors qu’il était interné en Espagne, Pierre Gouverneur n’a pas pris de clichés de sa campagne de Russie. Il n’a rapporté que sa chapka – « que son père a oubliée plusieurs années après dans un bistrot » — quelques numéros de téléphone qui figurent dans son carnet d’adresse en alphabet cyrillique, ainsi que la médaille de la Victoire, à l’effigie du maréchal Staline. Médaille qui figure en bonne place dans la boîte de souvenirs de Monique Gouverneur, aux côtés des carnets militaires français et anglais de son défunt mari.
Démobilisé en 1946, à Rayack, où les mécanos français sont revenus après leur expérience russe, Pierre Gouverneur a épousé Monique la même année. Directeur technico-commercial de la firme Berliet en Tunisie, il est arrivé en Alsace (d’abord à Mulhouse, puis à Pfastatt) au début des années soixante. Il est décédé en 1977.

Patrick Fluckiger
Source : http://www.lalsace.fr/fr/sports/article/1864129/Histoire-l-epopee-d-un-sans-grade-de-la-France-Libre-du-general-De-Gaulle.html
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http://aviation-ancienne.forumactif.com/index.htm
 
Pierre Gouverneur
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