Normandie-Niemen
Faute de moyens, le Musée est fermé aux Andelys depuis décembre 2010 mais un espace Normandie-Niemen sera ouvert au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget au printemps 2014. vous pourrez y retrouver les collections dans un bâtiment spécialement rénové et aménagé.

L'association du Mémorial continue d'exister, nous continuons d'entretenir la mémoire de tous ces hommes qui ont fait l'histoire du N.N comme nous l'avons toujours fait. Nous ne nous démobilisons pas et vous pouvez vous aussi nous rejoindre.

nouvelle adresse:
Mémorial Normandie-Niemen
Musée de l'Air et de l'Espace
Aéroport de Paris-Le Bourget
B.P. 173
93352 LE BOURGET cédex

Le Mémorial étant autorisé à recevoir dons et legs, il vous sera adressé un reçu fiscal.
Ainsi 60 % de votre don sera déductible de vos impôts. Merci de votre générosité.

Nous remercions tous ceux qui ce sont mobilisés pour sauver le musée aux Andelys.



 
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 Guy Leloup

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marc_91

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MessageSujet: Guy Leloup   Dim 10 Avr 2011 - 17:14

Very Happy Des nouvelles fraîches de Mr Guy LELOUP, mécanicien du Normandie, grace à un membre du French Wing de la Commemorative Air Force, que certains connaissent sous le pseudo de "Chuck Yeager" sur Aviation-Ancienne :

Chuck Yeager a écrit:
Bonjour Marc,

Je connais ton intérêt pour le Neuneu et je profite de ce message pour te donner des nouvelles de Guy Leloup, ancien mécano. Je lui ai rendu visite la semaine dernière. Je te joins une photo de lui et son épouse. Il a aujourd'hui 93 ans. Ce petit couple respire l'amour et c'est un bon exemple pour nombre de jeunes couples.



Il a été un des premiers à rejoindre l'angleterre en juin 40. Il a traversé le channel une sur une vedette de la Royale où il était engagé.

Après les regroupements, il a rejoint les FAFL puis est parti pour l'Afrique sur le Penn Land.
Chuck Yeager m' a écrit:
Bien sûr que tu peux en faire profiter les amis du Memorial et c'est avec grand plaisir que je partage.

A 93 ans sa mémoire des lieus et des dates est encore vive. Son épouse me disait qu'encore aujourd'hui il était tourmenté dans son sommeil par ces évènements.

Je te mets une photo prise à Khationki en juillet 1943 sur laquelle de gauche à droite on trouve probablement Bernavon, de dos P. Pouyade, G. Léon et au fond G. Leloup et à droite J. Mathis.
Cette photo est tirée de la revue Icare n°63.




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Michel Thouin



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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Dim 10 Avr 2011 - 17:19

Formidable témoignage.
Quel merveilleux couple et quelle belle leçon...
En revanche, je ne suis pas certain que sur la photo Bernavon se trouve sur la gauche.
Il faudra que je consulte mes "Icare"!

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PascalG

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 11 Avr 2011 - 12:29

Merci Marc pour ce lien ! cheers
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Christian
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 11 Avr 2011 - 16:49

Merci à Marc et à "Chuck", on ne parlera jamais suffisamment de tous les Héros comme M. Leloup et de leur parcours durant ces années troubles.

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 11 Avr 2011 - 16:51

Je pense que ce sujet pourrait être déplacer dans la rubrique concernant les Mécaniciens, qu'en penses tu Marc?

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 11 Avr 2011 - 17:33

Logique, mon cher Watson...

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marc_91

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mar 12 Avr 2011 - 12:37

silent Post supprimé


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Christian
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mar 12 Avr 2011 - 14:01

Oui c'était pour avoir l'accord que je suggerais de deplacer le sujet, je te laisse gerer Marc.

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mar 12 Avr 2011 - 14:08

Allez Marc, fais un geste... Dis gère! Ouaf! bounce
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Chuck Yeager

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Ven 24 Juin 2011 - 17:50

Bonjour à tous,

C'est sur l'invitation de Marc que je suis heureux de rejoindre ce forum consacré à une unité et à des hommes pour lesquels j'ai une profonde admiration.

Grâce à Yves Donjon, j'ai été en contact il y a une petite quinzaine d'année avec Albert LeBras, Joseph Risso et René Challe qui dans son dernier courrier nous laissait ce message : "Aimez votre Patrie et vos Compatriotes. Gardez (ou retrouvez) le sens de l'Homme et de la solidarité européenne"

C'est aussi à cette époque que j'ai fait la connaissance de Guy Leloup, ancien mécano. Aux dernières nouvelles, suite aux problèmes de santé de son épouse, ils ont choisi de partir en maison de retraite afin de profiter d'un encadrement médical plus rassurant.

Il a été très attristé par la fermeture des Andelys, et je lui souhaite de voir la nouvelle salle qui leur sera consacrée au MAE.

Voilà je manquerai de vous donner de ses nouvelles après ma prochaine visite dans sa nouvelle demeure.

Amicalement

Chuck
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Ven 24 Juin 2011 - 17:53

Welcome on board...

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marc_91

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Sam 25 Juin 2011 - 10:14

Wink Content de d'accueuillir ici !!!
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Chuck Yeager

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Sam 25 Juin 2011 - 15:09

Merci les amis
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Chuck Yeager

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 1 Oct 2012 - 17:52

Voici l'interview que j'avais réalisé de Guy Leloup le 12/10/1998.

INTERVIEW DE MR GUY LELOUP LE 12/10/98


Je suis né dans un petit coin d'Ile De France, le long de la Seine qui s'appelle Haute Isle. Haute Isle est voisin d'un lieu qui s'appelle La Roche Guyon : Le repère de Rommel ! C'est de là qu'il a supervisé la fin de la guerre, mais pas le débarquement. Il était parti retrouver sa femme afin de lui offrir une petite paire de chaussures qui avait été faite sur place.

J'ai perdu ma mère lorsque j'avais quatre ans. Mon père s'est remarié et je me suis retrouvé à Argenteuil. Or Argenteuil à l'époque, était le lieu de l'aéronautique. Il y avait, entre autres les usines FBA, SCHRECK, la Société LORRAINE-DIETRICH qui fabriquait les moteurs… J'ai fait mes études là-bas et pendant les vacances, j'allais rôder au bord de la Seine qui n'était pas tellement loin de chez moi. Là, il y avait de petits appareils SCHRECK FBA. Et à force de tanner et de tanner les gars, un beau jour le mécanicien me dit : "Si tu as tellement envie de voler, il y a un décollage et un amerrissage. Ca te ferait plaisir ?". Bien sûr et je suis monté à bord, vous pensez, trop heureux ! Ce que je me rappellerai toute ma vie, on est arrivé à toute allure et j'ai vu le pont en face. C'est pas possible, jamais on passera. Bon, ça m'a valu une solide raclée de la part de mon père, parce que dans ces coins là, vous savez, dans l'aéronautique, tout le monde se connaît.

Alors par la suite, la Sté LORRAINE-DIETRICH avait des gars chez elle, pilotes, mécaniciens etc... Parmi eux, il y avait une personne très dévouée qui avait fondé une école de pilotage pour les jeunes. J'ai donc participé à ces cours où j'ai acquis le brevet en 1937. Mais l'examinateur m'avait posé une question :
"- Vous êtes à bord, vous avez le feu qui se déclenche, qu'est-ce que vous faites ?"
"- je tire les anneaux de secours pour les extincteurs."
"- Ca ne fonctionne pas, qu'est-ce que vous faites ?"
"- On cherche à se poser le plus vite possible."
"- Ca ne fonctionne pas, ce n'est pas possible, qu'est-ce que vous faites ?"
"- Je saute en parachute."
"- Le parachute ne fonctionne pas, qu'est-ce que vous faites ?"
Excédé je lui dis :
"je vais en chercher un autre au magasin !"
Fini, terminé. Puis j'ai été appelé pour venir chercher mon brevet. Tout étonné, j'ai demandé à celui qui me le délivrait pourquoi l'examinateur m'avait posé ces questions. Il répondit que c'était normal car il avait voulu me pousser au maximum pour voir comment j'allais réagir. Rires...

Nanti de cela, je me suis trouvé dans l'aéronavale en 1938 à Poulmic (Finistère). On pouvait opter, du fait de cette chose là (le brevet), entre l'Armée de l'Air ou l'Aéronavale. J'ai préféré l'Aéronavale parce que je savais que les gars dans l'Armée de l'Air faisaient du nettoyage et pas autre chose ! Je suis rentré dans la Marine le 3 septembre 1938 et le 3 septembre 1939 ; c'était la déclaration de la guerre. Un an pile.

Et là, ça a été la drôle de guerre ! On faisait des patrouilles sur la rade. Quelques temps après, les Fritz venaient nous rendre visite et larguaient des bombes magnétiques. Mais comme la majorité des appareils n'étaient pas en acier mais en dural, nous n'avons eu aucune perte à déplorer. Par contre, deux petits chalutiers en ont eu, eux, à déplorer ! Et puis la pression est devenue très forte, la Bretagne a été envahie par le bas. Comme j'en avais la possibilité, et que nous allions nous faire piéger par les allemands, qui nous coinçaient, je suis parti avec deux camarades sur une vedette rapide en direction de l'Angleterre.

A Liverpool, un accueil extraordinaire. Tout le monde levait les bras. Alors je fis la réflexion à un de mes camarades : "Mais quel accueil !" Quand nous avons amarré, j'ai posé la question à quelqu'un qui par le plus grand des hasards parlait le français. Il me dit : "Vous ne savez pas pourquoi les gens levaient les bras de cette façon,.?" Je lui répondis que non. "C'est parce que vous êtes passés en plein dans le champ de mines !"

C'était une vedette en bois, alors la seule partie métallique était le moteur puisque tout le reste était en bronze, donc anti-magnétique. 'Vous voyez la chance ? C'est curieux.

De là nous avons été dirigés vers le centre de regroupement de St Athan. Ensuite, nous arrivons à Londres. Nous étions dans un parc à voitures, très joliment fait, en hélice s'il vous plaît, qui s'appelait "Empire Hall". C'est là que j'ai signé mon engagement pour les FAFL. Je l'ai signé le 26 juin 1940. De St Athan, nous sommes partis pour Odiham. C'était une grosse base où ils faisaient encore des essais car ils avaient encore des appareils en finition et en cours de mise au point. Nous avons pris en compte le Blenheim, un petit appareil formidable. C'était un engin qu'ils baptisaient à l'époque, le short nose. Il avait un nez pointu. Mais comme il n'était pas confortable, ils lui ont mis un nez plus long. C'est devenu le long nose. Et alors là, ils ont eu des résultats sensationnels car le coefficient de pénétration dans l'air était beaucoup plus fin. Ils ont gagné plus de 60 km/h, mine de rien. Après la prise en compte de cet appareil, on a travaillé presque un mois parce qu'il fallait les avoir en main. Nous ne savions pas ce que nous allions faire. Un beau jour, nous avons appris que nous étions condamnés à mort par Vichy, les Allemands et les Italiens. C'était le 29 juillet 1940.

Le lendemain, départ par le train pour Liverpool. Embarquement de nuit, paquebot hollandais "Penn Land". Le 31 août départ pour l'Afrique. Le 31 août, cela vous dit quelque chose ?

Chanson de marins
Le 31 du mois d'août,
le 31 du mois d'août,
nous vîmes venir sous le vent à nous,
une frégate venant d'Angleterre
qui fendait la mer et les flots..."
Faut le faire ... chapeau les anglais, Ah oui !

Le 14 septembre Freetown. Alors là, ça a été quelque chose de terrible ! Nous avons été nous frotter à Dakar où nous avons été éjectés vite fait. Ils n'ont pas hésité puisque nous étions des renégats, nous étions condamnés à mort. Donc pas de détail. Nous sommes restés trois jours à Freetown avant que l'on nous réexpédie à Douala.

Le 8 octobre 1940, débarquement à Douala. Mise en place du groupe qui fut surnommé "James Squadron" parce que la nourriture n était pas suffisante et que l'on consommait donc beaucoup de pain et de... confitures. Formation du GRB1 qui devint plus tard GBl. Mais avant ça le bâtiment ne pouvait pas entrer dans le Buri. Le Buri, c'est le fleuve à l'embouchure duquel se trouve le port de Douala. Celui-ci n'était pas suffisamment profond. Donc, il nous fallut sortir les caisses du Penn Land, les descendre sur des bâtiments de fortune, les amener au port. De là, sur des plates-formes, que l'on avait trouvées je ne sais où, les emmener au terrain. Du port au terrain il y avait quand même près de 1200 m. Le terrain était un terrain d’aéro-club où il y avait quelques petits appareils et un tout petit hangar où il fallut s'installer. Puis il fallut sortir les avions des caisses, les mettre sur pattes, les mettre en place, monter les moteurs et monter les ailes. on a commencé par monter les moteurs le hangar était trop exigu. Au dernier moment nous les sortions pour monter les ailes. Ensuite, on a fait les essais et par la même occasion, on a mis en état deux Dewoitine 520. Notre patron était le Lieutenant-Colonel De Marmier.

Les appareils sortirent et l'un d'eux fut pris en compte par le Lieutenant Feuillerat pour nous faire une belle démonstration. J'ai été obligé de me mettre à plat ventre, l'animal ! Il a fait trois ou quatre passages très bien. Puis il a fait un passage sur le dos et pensait se remettre en position. Mais, manque de chance, il était trop lent et quand il a poussé sur les commandes, elles n'ont pas répondu. C'est le moteur qui l'a mené, autrement dit, il est parti en piqué. Cependant, il a eu la présence d'esprit d'emmener l'engin en bordure de l'hôpital, parce que comme il était placé, il tombait en plein dessus... Premier mort. Alors, je revois la tête de De Marmier : "Oh le con ! Il se tue et il nous casse un avion" parce que lui avait réalisé tout de suite. Bon alors ça, c'est le premier français libre décédé - et bêtement, si l'on peut dire.

Octobre 1940. Montée sur le Tchad par camions et affectation à Fort Lamy le 11 novembre 1940. C'était un drôle de sport, j'aime autant vous dire. Le 15 décembre 1940, départ par petits camions pour Ounianga-Kebir. Entre temps, nous avions changé tous les ressorts de soupapes sur tous les avions, parce que les anglais avaient trouvé qu'ils étaient défaillants. Il y avait 1100 km à faire et par endroits il fallut porter les camions. Les camions étaient ensablés jusqu'au ventre. Parce qu'il y a une saloperie qu'on appelle Fech-Fech. Chez eux le Fech-Fech c'est la farine et c'est blanc effectivement. Quand vous roulez sur les dessus, vous avez une couche sablonneuse qui est plus dure, qui a été triée par le vent, qui est beaucoup plus granuleuse, donc vous avez une assise. Mais si pour une cause quelconque vous égratignez ça ... vous descendez. Si vous insistez, les roues tournent dans le vide et alors là vous creusez votre tombe ! Si bien, qu'il a fallu dans un certain cas, enlever toute la partie de surélévation du châssis, reposer la caisse dessus et faire des ouvertures pour laisser le passage des roues arrières. Ah il fallait vouloir, franchement, il fallait vouloir !

Le 27 décembre 1940, installation à Ounianga. Petit fortin voisin de trois petits lacs dont un seul est exploitable parce que l'on peut y tirer de l'eau douce. Les autres ont des eaux dangereuses. Il y en a un, entre parenthèses, dont les mouches qui sont tout autour forment un anneau noir très visible lorsque l'on arrive en avion. Elles sont là et n'en bougent pas ! Dans ce coin là, le jour, on a entre 28 et 35° C et la nuit entre 0 et -5° C. C'est le désert, presque en bordure de celui de Libye.

Le 31 décembre 1941, première mission sur Koufra. Il y avait deux escadrilles. L'une venait de Douala et l'autre d'un endroit où ils avaient aussi monté des avions mais dont je ne me souviens plus le nom. Donc, réunion des deux escadrilles à Ounianga.

Le 05 février 1941, décollage de quatre Blenheim pour bombarder Koufra.

Le 15 février 1941, après toutes ces opérations, c'est le retour sur Fort Lamy. C'est aussi la révision de mon appareil qui en a grand besoin parce que j'ai été obligé de confectionner une glace avec ce que l'on avait bien voulu me donner, car il avait été mouché par un tir de DCA.
Mars 1941, départ pour Khartoum. C'est loin Khartoum ! Alors, on se pose à El Facher où l'on refait les pleins pour continuer. Notre équipage était composé de Grasset (pilote), Petain (navigateur) qui ne supportait pas qu'on l'appelle comme ça et qui voulait qu'on l'appelle Petrus et Delcros (radar). Après une heure de vol un petit incident intervient. Température O'C au moteur droit. Après réflexion et recherches je me suis aperçu de ce que c'était. Les anglais utilisaient comme aiguille, une plume car c'était très léger et qu'il n'y avait pas besoin de contrepoids. Cette plume était enfilée sur l'axe où elle était collée. Seulement, il y a une chose à laquelle les anglais n'avaient peut-être pas pensé, c'est que parfois dans les avions, il faisait plus de 70° C. Alors les colles ne tiennent pas dans ces conditions. Pas de problème, je m'en suis rendu compte assez rapidement. De toute façon, ce n'était pas gênant, je voyait que cela tournait bien. Mais après deux heures trente de vol, c'est là où ça se corse, pression d'huile à 0. Alors là c'est pas pareil ! Je regarde mon moteur, pas d'évacuation de fumée, il tournait rond. Je regarde de nouveau mon instrument, c'est le même problème. Encore l'aiguille ! Mais vous savez, ça fait boum ! Surtout que là, nous étions dans une vaste nature. Je ne sais pas où nous nous serions posés. Enfin, nous arrivons à Khartoum. Remise en état de l'avion et nous prenons place au terrain qui nous est attribué, "Gordon's Tree". Le terrain est situé à environ vingt kilomètres de Khartoum. Il y est, quand même, relié par une route goudronnée. Cet endroit était curieux car je pense, qu'à l'origine, celui-ci était un parc destiné aux unités en transit. Cependant, il y avait de quoi nous loger. Nous y sonnes restés un bon moment, le temps des opérations d'Erythrée et d'Abyssinie. Et là, il y a eu du travail. Tous les jours, un ou deux appareils décollaient pour bombarder.

Lancer des tracts, c'était le gros problème. Il y en a eu des quantités de lancés pour essayer de retourner la mentalité. Les équipages avaient un passé et inscrivirent le message suivant : "Ne leurs coupées pas, ils sont pour nous." Vous voyez ce que cela signifiait...

Le 20 octobre 1941, nous partons en opérations en Libye. Ce furent les opérations de Gambout, Tobrouk, et la fameuse passe d'Al Faya. Al Faya ce fut quelque chose de terrible parce que c'est une fissure dans la colline, qui descend en pente assez raide. Les italiens s'y étaient installés avec une DCA très importante pour protéger Tobrouk. Il a fallu les déloger de là et cela nous a coûté deux équipages. on ne pouvait pas emprunter la passe en descendant car cela était trop difficile. Mais en montant nous étions plus vulnérables à la DCA.

Il arriva une chose d'horrible à Gambout. Ce n'était pas un terrain à proprement parlé mais plutôt une vaste plate-forme. En face de nous, il y avait des néo-zélandais et des Australiens. Lors d'un décollage sur alerte, les deux unités se firent face. Je ne sais pas si voyez le chantier ! Nous, ça nous a coûté trois avions et quatre hommes, et eux ça leur a coûté six appareils. Ils n'étaient pas complètement détruits, mais suffisamment endommagés pour être inexploitables. Cela c'est un coup dur et en plus la veille de Noël !

En février 1942, je rejoins la base de Rayak au Liban et le ler mars, je suis affecté à la BA de Damas (Syrie) pour école. C'est là qu'un jour, sur un Blenheim qui avait eu quelques ennuis, je devais faire un vol d'essai. J'étais prêt, je venais de faire chauffer les moteurs, quand un grand gaillard me tapa sur l'épaule et me dit : "Tu descends, tu laisses ta place", ce à quoi je répondis "Non, j'ai un vol d'essai", "Tu laisses, il y a quatre parachutistes qui viennent d'arriver, ils veulent faire une reconnaissance." Je leur ai laissé ma place, il était aux alentours de 11 h du matin. Décollage, tout se passe bien. Il fait un passage, on le voit partir sur Damas, mais bas, trop bas. on l'a vu passé sur les jardins de Damas et puis "VOUM.. !" On a su pourquoi après. A 11 h 30, la température au sol est très haute. L'air est donc beaucoup moins dense. Quand il a tiré dessus et comme il était trop bas, il a touché et s'est aplati. Et alors là, la gerbe, on a rien retrouvé. J'aurais dû être à bord...

Le ler octobre 1942, nouvelle affectation, au groupe "NORMANDIE".

Le 12 novembre 1942, c'est le départ pour l'URSS. Nous partîmes avec trois engins presque identiques au Dakota à la différence qu'ils n'étaient pas équipés des mêmes moteurs. Je ne sais pas comment ces gars là peuvent voler. Décollage, déjà dans le coin de Téhéran c’est pas drôle parce qu'il y a une montagne qui est de taille ! Immédiatement après, on vole au ras de la mer Caspienne, à cause de la chasse ennemie. On a fait tout notre voyage au ras. De la Caspienne on a sauté au ras de la cime des arbres. Nous nous sommes posés dans un coin qui s'appelle Ouralsk. Tenez-vous bien, Français, nous étions en cravate etc, etc... Quand nous sommes descendus, nous étions en petites socquettes de soie et eh petites chaussures. Mais il y avait 30 cm de neige pour nous accueillir. Cependant, ce que je n'ai jamais compris c'est comment les pilotes avaient trouvé le terrain et le moyen de s'y poser. Ils sont venus nous chercher avec des lampes électriques !

Les conditions météorologiques ne nous facilitaient pas la tâche. Un jour, j'ai mis un temps considérable à fixer un tout petit écrou. Après avoir fini ce travail, je m'apprêtais à rentrer quand un soldat russe me fit signe d'approcher. J'ai obtempéré, quand, arrivé devant lui, il ramassa de la neige et m'en frictionna le visage. Je n'ai pas du tout apprécié la plaisanterie mais je me suis retenu car les consignes de bon comportement avec les russes étaient on ne peut plus claires. Déjà que nous avions eu quelques problèmes avec les anglais ! Bon, le lendemain, je rencontrais un Colonel russe qui parlait un français magnifique. Je lui ai donc expliqué ma petite affaire de la veille et ce dernier m'expliqua tout simplement que ce soldat avait remarqué que j'étais en train de geler. En effet, quand on gèle, le tour de la bouche, les narines, deviennent marrons. Sa friction n'avait donc pas d'autre but que de me réchauffer et de m'empêcher de geler. Le Colonel m'expliqua ensuite que pour savoir si l'on est en train de geler sur place, il suffit de se pincer le nez. Si les narines restent collées à l'arrête du nez, c'est qu'on gèle !

Au début du printemps, la neige avait fondu laissant place à une grande flaque. Jamais d'aérodrome, nous étions toujours dans la nature. Quand les appareils étaient mis en piste, ils roulaient doucement. Mais quand ils tombaient dans un trou, ils mettaient les gaz et là ils levaient la queue ! Donc, il fallait être là pour empêcher çà. on soulevait l’aile pour le porter plus loin. Un de mes camarades, un nommé Carrel, avait trouvé une solution beaucoup plus simple. Il sautait sur le plan fixe à l'arrière et il attendait. Un jour, avec Risso aux commandes, lors d'un décollage sur alerte, celui-ci a trouvé le moyen de prendre la piste et de mettre les gaz en embarquant mon Carrel. La plaisanterie a duré un bon moment et Carrel s'est rendu compte qu'il fallait qu'il saute. Comme c'était un sportif, il si est retrouvé avec le bord d'attaque dans le ventre. Il s'est fait glisser et est passé en dessous. Il s'est laissé tomber et a roulé telle une boule et s'en est tiré avec quelques gnons ! Il. en a été quitte pour une sacrée frousse. A propos de Carrel, cela me rappelle une anecdote en Libye où les Frizous, le matin, venaient nous dire bonjour en nous lâchant quatre bombes. Nous avions des dépôts d'essence qui étaient importants et nous avions nos logements dans le sol avec une tente par dessus. Un jour, il n'y eut que trois bombes. Il n'y en a pas eu quatre, mais il n'y en a eu que trois; Pourquoi ? J'en sais rien ! Toujours est-il, que dans le courant de la matinée, ils sont venus nous rendre une autre visite. Ils nous ont mitraillés. Carrel avait déjà subi des mitraillages en France. Il est devenu complètement paniqué. Infernal ! Un de mes camarades qui était rugbyman l'a coincé. Lors des mitraillages Carrel .devenait dingue. Une autre fois, la même chose, à la tombée de la nuit, ils sont encore venus nous rendre visite. Alors là, la frousse, il est parti dans la nature. Il s'est récupéré chez les Australiens qui étaient nombreux dans le coin car ils assuraient la garde des terrains etc... Ils l'ont pris pour un Fritz. "Come on fucking german !" Il est revenu avec des plaies et des bosses malgré ses tentatives pour expliquer aux australiens qu'il était français libre. Mais comme il parlait très peu l'anglais... Trop tard, il a quand même pu se faire identifier et l'on est allé le récupérer là-bas.

Bref, le 30 septembre 1943, j'ai été rapatrié à la BA de Rayak.

Le ler janvier 1944, je suis affecté à la BA n°2 à la SLA de la BE 325.

Le 16 mars 1944, nouvelle affectation au Parc de l'air du Moyen-Orient.

J'ai malheureusement passé la fin de la guerre à Rayak à l'Atelier Industriel de l'Air où nous étions cantonnés dans un coin bien défini. Et comme le mess était très petit, on avait pour ainsi dire pas de contact avec les autres unités ou très rarement. Nous vivions presque en autarcie. Un jour le Colonel m'appelle et me dit :
"Vous allez pouvoir vous mettre en grande tenue."
"Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?"
"La libération de Paris, c'est pour bientôt !"
Alors là... C'était au moment des débarquements alliés.


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Chuck
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 1 Oct 2012 - 18:37

encore merci Chuck

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 8 Oct 2012 - 6:57



Mon épouse et moi-même sommes allés rendre visite à Mr et Mme Leloup à la maison de retraite où ils ont pris leurs quartiers l'année dernière. Les nouvelles ne sont pas très bonnes. Mme Leloup a fait trois chutes consécutives ces derniers mois et elle qui s'occupait si bien de Guy est maintenant très afaiblie et a très mauvais moral.

Guy a été très affecté par les soucis de santé de sa femme et son état s'est lui aussi dégradé. Depuis qu'il est à la maison de retraite il marche de moins en moins bien et est obligé d'utiliser un déambulateur pour se déplacer. Pire encore après ses problèmes d'audition c'est maintenant sa vue qui lui pose problème.

Il n'a malheureusement pas pu voir les photos et les vidéos du 70ème anniversaire que je lui avais apportées et dont je lui ai fait un résumé et une description orale. Il a cependant été très ému d'entendre le moteur du Yak de Stéphane Canu dont je lui ai passé une vidéo.

Ils ont peu d'appels et encore moins de visites. L'appel d'Yves Donjon le jour de son anniversaire le 14 août lui a fait très plaisir. Il est très frustré de ne plus pouvoir participer aux commémorations et craint de tomber dans l'oubli. Nous l'avons rassuré et lui avons expliqué comment le Mémorial et beaucoup d'autres oeuvrent posur conserver la mémoire de leurs exploits et de leurs sacrifices.

Cordialement

Stéphane DUCHEMIN
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Christian
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 8 Oct 2012 - 11:04

Encore une fois merci Stéphane pour ces nouvelles. Malheureusement, le temps passe.

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 26 Nov 2012 - 6:58

Un petit enregistrement des souvenirs de Mr Leloup, réalisé hier avec Stéphane et sa femme :

Le livre du comte Jean de Pange, Nous en Avons tant vu ..., a é été récemment ré-édité par son fils.
.
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fred Bentley



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MessageSujet: point de départ d'une grande épopée à travers l'Afrique   Sam 19 Jan 2013 - 18:50

c'est non sans émotion que j'ai visionné les 2 vidéos de l'interview avec Guy LELOUP ... qui fut avec mon père le Sergent Jacques Bentley et Charles Flamand des éléments de l’équipe de mécaniciens qui ont participé avec succès au remontage des avions dans des conditions bien spartiates .... débarqués en pièces détachées au port de Douala en octobre 1940 et qui fut le point de départ de leur grande épopée à travers l'Afrique.

avec mon profond respect
Tous mes vœux pour que 2013 lui réserve ainsi qu'à sa femme une santé la meilleur possible.
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Lun 8 Avr 2013 - 16:54

Merci Monsieur Bentley, je n'ai pas connu votre père mais j'ai aussi été en contact avec Charles Flamand en 1998. Ce qu'ils ont fait ensemble est tout à fait remarquable et exceptionnel. Monsieur Leloup est actuellement hospitalisé, je vous tiendrai au courant bientôt et vous donnerai des nouvelles sur son état de santé.
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mar 23 Avr 2013 - 17:39

C'est avec une immense tristesse que je vous annonce le décès de Monsieur Guy Leloup survenu, ce matin à 5h. La date et le lieu de ses obsèques vous seront communiquées ultérieurement.



Toutes mes pensées vont à son épouse et à ses proches.

Stéphane Duchemin
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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mar 23 Avr 2013 - 17:48

tristes nouvelles qui se succèdent. toutes nos condoléances à Mme Leloup et ses proches.
Merci Stéphane pour nous avoir informé.

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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mer 24 Avr 2013 - 11:08

Les obsèques de Monsieur Guy Leloup auront lieu mardi prochain, 30 avril, à 14h30, en l'Eglise St François d'Assise de Champagne sur Seine (77430).

Ceux qui voudraient venir et souhaiteraient plus de renseignements peuvent me contacter par mp.



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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Mer 24 Avr 2013 - 20:46

Message du Colonel Anatoly Fetissov à la famille Leloup par l'intermediaire de René Barchi.

"Cher Cаmarade!
Cher René Erasmovitch!

Je te prie de transmettre à l'épouse, aux parents et aux proches du défunt nos condoléances les plus sincères.
Les vétérans de la 303ème division de chasse et du régiment "Normandie-Niémen" avec vous portent le deuil de notre collègue qui lutta épaule-contre-épaule avec ses camarades soviétiques contre l'ennemi commun, le fascisme.
Que la mémoire de Guy Leloup soit honorée.

Le président du Conseil des vétérans 303 иад
Le président de l'Association des vétérans du 1er oiap "Normandie-Niémen" Anatoly Fetissov"


Дорогой камарад!
Уважаемый Рене Эразмович!

Прошу передать супруге, родным и близким покойного наши искренние соболезнования.
Ветераны 303 истребительной авиационной дивизии и авиаполка "Нормандия-Неман" скорбят вместе с Вами по случаю кончины нашего сослуживца, сражавшегося плечом к плечу с советскими товарищами против общего врага - фашизма.
Светлая память фронтовику Ги Лелу.

Председатель Совета ветеранов 303 иад
президент Ассоциации ветеранов 1 оиап "Нормандия-Неман" Анатолий Фетисов


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MessageSujet: Re: Guy Leloup   Jeu 25 Avr 2013 - 6:50

Encore merci à Stéphane "Chuck Yeager".

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