Normandie-Niemen
Faute de moyens, le Musée est fermé aux Andelys depuis décembre 2010 mais un espace Normandie-Niemen sera ouvert au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget au printemps 2014. vous pourrez y retrouver les collections dans un bâtiment spécialement rénové et aménagé.

L'association du Mémorial continue d'exister, nous continuons d'entretenir la mémoire de tous ces hommes qui ont fait l'histoire du N.N comme nous l'avons toujours fait. Nous ne nous démobilisons pas et vous pouvez vous aussi nous rejoindre.

nouvelle adresse:
Mémorial Normandie-Niemen
Musée de l'Air et de l'Espace
Aéroport de Paris-Le Bourget
B.P. 173
93352 LE BOURGET cédex

Le Mémorial étant autorisé à recevoir dons et legs, il vous sera adressé un reçu fiscal.
Ainsi 60 % de votre don sera déductible de vos impôts. Merci de votre générosité.

Nous remercions tous ceux qui ce sont mobilisés pour sauver le musée aux Andelys.



 
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 Eloge funèbre de Léon Cuffaut le 24 septembre 2002

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Chuck Yeager

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MessageSujet: Eloge funèbre de Léon Cuffaut le 24 septembre 2002   Lun 1 Oct 2012 - 13:10

Bonjour,

J'ai retrouvé le texte de l'Eloge funèbre du général de brigade aérienne Léon Cuffaut prononcé par le général d’armée aérienne Jean-Pierre JOB, Paris le 24 septembre 2002 :



"Chère Madame,

L’armée de l’air, celle d’hier et celle d’aujourd’hui est rassemblée ici, autour de vous, de vos enfants et de votre famille, pour vous apporter le réconfort de sa présence face au grand malheur qui vous frappe, avec le décès de votre mari, le général de brigade aérienne Léon Cuffaut.

L’armée de l’air est une grande famille, fidèle à ses anciens, reconnaissante envers celles et ceux qui l’ont servi de belle manière et c’est pourquoi aujourd’hui elle est présente pour témoigner, devant ses camarades, ses amis et ses frères d’armes, combien la carrière de Léon Cuffaut fut riche et bien remplie au service de son pays.

Passionné par l’aéronautique et le vol dès son plus jeune âge il s’engage dans l’armée de l’air à dix-neuf ans et, après avoir obtenu son brevet de pilote, il est admis à l’Ecole militaire de l’air en 1938.

Pilote au sein du groupe de chasse 2/6 il prend part à la campagne de France dès le début des hostilités et se distingue par son allant et son adresse, obtenant deux victoires aériennes contre des messerschmitt 109, le 22 novembre 1939, ce qui lui vaut une citation à l’ordre du corps aérien et l’attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

A partir du 27 mars 1940 il est commandant d’escadrille au centre d’instruction de la chasse. A ce poste il met tout son savoir-faire et son énergie pour transmettre son expérience aux nombreux jeunes pilotes recrutés. Son action est déterminante et les pilotes formés se battront avec courage et énergie pendant la bataille de France, occasionnant de lourdes pertes au sein de la Luftwaffe, ce qui contribuera de façon indirecte au succès de la bataille d’Angleterre.

Après la débâcle de juin 1940 le sous-lieutenant Cuffaut gagnera l’Afrique du nord et occupera différents postes en unité avant de participer à la campagne de Syrie en 1941.

Chef du centre de Haute-montagne de Tikjda, Algérie, en décembre 1941 il organisera une filière Forces Françaises Libres du réseau de résistance « Alliance »

Le 29 mai 1943 il se porte volontaire pour le groupe de chasse Normandie et rejoint Toula, en URSS, le 20 décembre 1943.

A cette époque la victoire estloin d’être acquise sur le front soviétique et le groupe de chasse Normandie est exsangue après avoir perdu les trois quarts de ses effectifs au cours des combats acharnés de l’été 1943. Le Lieutenant Cuffaut et ses compagnons dont, André Sauvage, Feldzer et Cazeneuve, sont accueillis avec chaleur par les Français et les Soviétiques.

Commence alors une période intense dans la vie de ces jeunes pilotes qui, après un rapide entraînement hivernal, seront envoyés dans la fournaise des combats et la dureté du climat.

Pilote en escadrille, puis commandant d’escadrille à partir du 25 juin 1944, le capitaine Cuffaut démontre des qualités exceptionnelles comme pilote et comme chef, obtenant en particulier 9 victoires officielles et 3 probables durant la période du 16 au 26 octobre 1944. L’une de ses citations à l’ordre de l’armée aérienne précise : officier pilote de chasse hors pair, combattant de premier ordre, excellent chef de dispositif et magnifique entraîneur d’hommes ».

Il participera aux opérations sur Vitebsk, Orcha, Borisov, Minsk, Vilmo et aux combats acharnés en Prusse orientale. Il sera de la bataille du Niémen dont le nom restera à jamais indissociable de Normandie.

Il terminera la guerre avec 13 victoires officielles et 4 victoires probables, ce qui le classe parmi les premiers As. Il a obtenu 10 citations dont 8 à l’ordre de l’armée aérienne. Il s’agit bien là d’un parcours exceptionnel.

Après la guerre il sert auprès du ministre de l’air comme officier de liaison puis il est chargé de conduire les essais des avions modernes construits après la libération.

Le 30 avril 1947 il prend le commandement du Normandie-Niemen à Rabat-Salé, au Maroc, et c’est avec fierté, et un plaisir non dissimulé, qu’il retrouve cette unité d’élite possédant le plus beau palmarès de la seconde guerre mondiale. Malgré le manque de moyens et les nombreuses difficultés techniques il réussira à motiver ses pilotes et ses mécaniciens donnant à son unité une grande cohésion et un esprit combatif.

Ensuite il sera commandant de la base aérienne de Bamako pendant trois ans avant d’être désigné par le général Delfino pour prendre le commandement du centre de tir de l’armée de l’air à Cazaux. Il y rejoint son ami Risso, compagnon du Normandie-Niemen. Sa passion pour le vol ainsi que son expérience du combat aérien lui permettent de conduire avec succès les séances de tir sur les tous nouveaux avions à réaction qui équipent l’armée de l’air.

A cette époque la France est engagée dans une guerre difficile en Extrême-Orient et le lieutenant-colonel Cuffaut se porte volontaire. Commandant du groupe aérien de Huê au vietnam en juillet 1953, il assure personnellement la direction de nombreuses interventions aériennes délicates. Touché à maintes reprises par la DCA, il poursuit cependant ses missions de renseignement et permet, à plusieurs reprises, de dégager les bataillons de chasseurs parachutistes encerclés par l’ennemi. Il se donne à plein, sans soucis du danger et jusqu’à la limite de ses forces, créant un climat de confiance propice à l’efficacité.

Entraîneur d’hommes incomparable, ayant une haute conception de son devoir, il montre jusqu’à l’heure du cessez le feu, les plus belles qualités militaires et humaines. A terre comme dans les airs, totalisant 366 missions de guerre, il mérite sans réserve l’estime et la gratitude des combattants au sol.

De retour en métropole il occupe le poste d’inspecteur de la défense aérienne du territoire de Versailles mais un autre conflit commence en Algérie et une fois de plus le lieutenant-colonel Cuffaut répond, sans état-d’âme, à l’appel du devoir. Commandant de la zone opérationnelle ouest du constantinois à Sétif en mars 1956 il prend en compte les missions les plus audacieuses, se distinguant à plusieurs reprises sous le feu de l’ennemi. Il ajoute à son palmarès 213 missions de combat en 454 heures de vol et le 18 juin 1956 il est élevé à la dignité de grand officier de la légion d’honneur par le président de la République.

Promu colonel le 1er janvier 1957, il est affecté auprès du commandement suprême des forces de la zone de défense aérienne à Dakar au Sénégal. Chargé des opérations combinées entre l’Afrique équatoriale française et le Togo il est détaché à Fort-Triquet en Mauritanie comme responsable de l’appui aérien. Toujours en prmière ligne, soucieux de montrer l’exemple il prend part, personnellement, aux opérations de maintien de l’ordre et accomplit 85 missions en 203 heures de vol. Touché à plusieurs reprises par le tir d’armes rebelles son courage lui permet de gagner l’estime et la confiance des militaires espagnols présents sur le territoire.

Il sera nommé général de brigade aérienne le 20 janvier 1962.

Admis dans la deuxième section des officiers généraux le 20 janvier 1967, le général Cuffaut ne restera pas inactif. Sa passion pour l’aéronautique est restée intacte et c’est tout naturellement qu’il répond à l’appel du colonel Dupérier, as français de la Royal Air Force, pour prendre la direction de l’aéro-club de France, une responsabilité qu’il assumera pendant 20 ans, un record. Mettant tout son cœur et sa passion au service de l’aéronautique sa réussite exceptionnelle dépasse largement le cadre de la France et il donne à l’aéro-club de France une renommée internationale.

S’appuyant sur sa propre expérience il sait communiquer sa passion du vol aux plus jeunes, leur offrant la possibilité de réaliser leur rêve. Homme de cœur le général Cuffaut met également sur pied un programme d’aide aux pilotes handicapés et c’est comme chef pilote de l’aéro-club des handicapés aux Mureaux qu’il formera de nombreux élèves dont des anciens pilotes et des parachutistes grièvement blessés en service, ainsi que des polios ou des accidentés de la route.

Aujourd’hui, le monde l’aéronautique est en deuil ; l’armée de l’air a perdu l’un de ses as mais surtout elle a perdu un pilote enthousiaste et un chef d’exception qui a prouvé au combat son caractère déterminé. L’aviation civile a perdu un homme de cœur et un pilote passionné. Les pilotes handicapés sont orphelins car ils ont perdu un de leur défenseur les plus ardents.

Le général Cuffaut a effectué 18 700 heures de vol, à titre militaire et civil, parmi lesquels 2 626 heures en missions de guerre.
Il totalise 17 victoires aériennes dont 13 sûres.
Blessé deux fois au combat, a été cité 20 fois dont 16 à l’ordre de l’armée.
Grand croix de la Légion d’Honneur et de l’Odre National du mérite, croix de guerre 39-45 et des TOE, il est titulaire de nombreuses autres décorations françaises et étrangères, notamment soviétiques.

Madame Cuffaut, je sais combien les mots sont peu de choses dans ces moments tragiques, alors permettez-moi de vous dire simplement que je m’incline devant votre douleur.

Général Léon Cuffaut,

A travers les quelques mots que je viens de prononcer, j’ai tenu devant votre épouse, devant vos parents et amis, à vous rendre un denier hommage, celui de celles et ceux qui vous ont connu, apprécié, aimé, respecté. Celui, aussi, de celles et ceux qui vous doivnet ce qu’ils sont devenus. Celui, enfin, de celles et ceux qui n’oublient pas.

C’est en leur nom et c’est aussi au nom des hommes et des femmes de l’armée de l’air et du monde de l’aéronautique que je vous exprime toute ma gratitude pour l’exemple que vous avez donné, pour la foi que vous avez placée dans votre mission, pour la tâche immense accomplie au service de notre Pays.

C’est avec beaucoup de tristesse que toutes et tous vous disent adieu.

Général Léon Cuffaut, mon général,

Merci et Adieu."


@+

Chuck
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Christian
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Age : 51

MessageSujet: Re: Eloge funèbre de Léon Cuffaut le 24 septembre 2002   Lun 1 Oct 2012 - 17:28

Merci pour ce texte

_________________
Christian
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Eloge funèbre de Léon Cuffaut le 24 septembre 2002
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